La journée mondiale contre le cancer, organisée chaque 4 février, est un moment clé pour sensibiliser à l'importance de la prévention et du dépistage des cancers afin de réduire l'incidence (nombre de nouveaux cas) de cette maladie. Les dépistages organisés du cancer du sein, du cancer colorectal et du col de l'utérus existent depuis de nombreuses années. Pourtant le taux de participation est en baisse pour certains. En janvier 2025, un programme pilote de dépistage organisé du cancer du poumon, le cancer le plus mortel, a été lancé.
Cancer : les chiffres
Les chiffres hommes/femmes
- En 2023, la France a enregistré plus de 433 000 nouveaux cas de cancer (314 719 nouveaux cas en 2003, soit une augmentation de + 40 %),
- Les nouveaux cas concernent 43 % de femmes et 57 % d'hommes.
- Le taux d'incidence chez les femmes a augmenté (274 femmes pour 100 000 en 2023 contre 244,4 en 2003). Celui des hommes a baissé (354,9 en 2023 contre 385,4 en 2003).
- L'âge médian du diagnostic est de 68 ans chez les femmes et de 70 ans chez les hommes.
Les cancers les plus fréquents
Les cancers les plus fréquents chez les femmes sont par ordre décroissant :
- le cancer du sein : 61 214 nouveaux cas en 2023
- le cancer du colon et du rectum : 21 370 nouveaux cas en 2023
- le cancer du poumon : 19 339 nouveaux cas en 2023
- le cancer du pancréas : 7 668 nouveaux cas en 2023
Les cancers les plus fréquents chez les hommes sont, par ordre décroissant :
- le cancer de la prostate : 59 885 nouveaux cas en 2023
- le cancer du poumon : 33 438 nouveaux cas en 2023
- le cancer du colon et du rectum : 26 212 nouveaux cas en 2023
- le cancer du pancréas : 8 323 nouveaux cas en 2023
Le nombre de décès par cancer
- Le cancer a provoqué 164 095 décès en 2022 contre 156 229 en 2012 : 72 592 chez les femmes et 91 503 chez les hommes.
- L'âge médian de décès est de 75 ans pour les femmes et de 73 ans pour les hommes.
- Les cancers du poumon font partie des localisations dites de pronostic défavorable en termes de survie. 80 % des cancers du poumon sont dûs au tabac.
- Le cancer du poumon est la première cause de décès par cancer chez les hommes.
- Le cancer du sein est la première cause de décès par cancer chez la femme.
Ces dernières années, la survie des personnes atteintes de cancer s’est améliorée pour la majorité des localisations. Ces tendances plutôt favorables sont le reflet des progrès réalisés dans le système de soins, à la fois dans la détection des cancers, mais aussi dans leur thérapeutique. Ce gain est néanmoins contrasté selon les localisations et en fonction de l’âge au diagnostic.
Détecter un cancer à un stade précoce permet d'améliorer considérablement les chances de guérison et de limiter la lourdeur des traitements.
Les facteurs de risque du cancer
De nombreux facteurs de risque de cancer existent :
- Facteurs internes (âge, hérédité)
- Facteurs externes (comportements, environnement) : tabac, alcool, obésité, sédentarité, inactivité physique et alimentation déséquilibrée, sont autant de facteurs de risque évitables encore trop fréquents qui entraînent chaque année trop de cas de cancers.
- Conditions sociales : la situation sociale des individus joue ainsi un rôle central dans les inégalités de santé, en influençant l’accès aux ressources, à la prévention et aux soins.
Près de la moitié des cas de cancer pourraient être évités en limitant l'impact des facteurs de risques externes dans nos vies :
- 20 % des cancers sont liés à la consommation de tabac
- 8 % à l'alcool
- 5,4 % à une alimentation déséquilibrée
- 5,4 % au surpoids
- 4 % à certaines infections
- 3 % aux expositions profesionnelles
- 3 % aux rayonnements UV
- 1,8 % aux radiations ionisantes
- 0,9 % au manque d'activité physique
- 0,6 % aux traitements hormonaux
- 0,5 % au fait de ne pas avoir allaité
- 0,4 % aux particules fines
Importance du dépistage organisé
La participation aux dépistages organisés demeure insuffisante
Un diagnostic précoce joue un rôle essentiel dans la lutte contre le cancer. Plus la maladie est identifiée tôt, plus les traitements sont efficaces et moins ils sont contraignants pour les patients. Dans les années 1950, seul un tiers des patients atteints d'un cancer survivait plus de cinq ans après le diagnostic. Aujourd'hui, grâce aux avancées médicales et aux campagnes de prévention, ce taux a plus que doublé, atteignant près de 70 %.
Un dispositif renforcé d'invitation et d'accompagnement personnalisé, mis en place par la Caisse nationale de l'Assurance Maladie, permet de mieux sensibiliser la population et d'encourager la participation aux dépistages organisés : dépisatge du cancer du sein et dépistage du cancer colorectal.
Baisse du taux de participation au dépistage du cancer du sein
Destiné à dépister le cancer le plus fréquent et le plus mortel chez les femmes, ce programme voit son taux de participation baisser depuis 10 ans pour toutes les tranches d’âge et toutes les régions. Le taux de participation au programme de dépistage du cancer du sein a baissé à 46,3 % en 2023-2024 contre 52,7 % en 2010-2011.
Parmi les cancers attribuables à la consommation d’alcool, les cancers du sein sont les plus fréquents. Diminuer sa consommation d’alcool, surveiller son poids, arrêter de fumer, bouger et manger varié et équilibré réduisent le risque de développer la maladie.
Baisse du taux de participation au dépistage organisé des cancers colorectaux
Le taux de participation au dépistage des cancers colorectaux est passé de 32,1 % en 2010-2011 à 29,6 % en 2023-2024. Sur 20,8 millions de personnes éligibles, seulement, 6,2 millions se font dépister. Une plus forte participation au dépistage des cancers colorectaux est attendue au regard des nouvelles modalités d’accès des kits de dépistage, remis par les pharmaciens et disponible à la commande en ligne depuis 2022.
Participation au dépistage organisé des cancers du col de l'utérus : 59,5 %
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que les cancers du col de l’utérus pourraient être éradiqués grâce au dépistage et à la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV). Sur la période 2020-2022, la participation au dépistage organisé des cancers du col de l’utérus était de 59,5 %. Elle est en hausse de + 1,3 point par rapport à la période 2017-2019 (58,2 %) et de + 1,4 point par rapport à la période 2014-2016 (58,1 %).
Cancer du poumon : un programme pilote de dépistage organisé lancé en janvier 2025
En janvier 2025, l’Institut national du cancer a annoncé la mise en place d’un programme pilote de dépistage des cancers du poumon nommé IMPULSION (IMPlémentation du dépistage du cancer PULmonaire en populatION).
Le dépistage reposera sur la réalisation d’un scanner thoracique à faible dose. Les participants seront appelés à réaliser deux scanners à un an d’intervalle, puis tous les deux ans. En complément, le programme prévoit pour les fumeurs un accompagnement à l’arrêt du tabac. Combiner dépistage et arrêt du tabac permet de réduire de 38 % le risque de décès par cancer du poumon (étude NLST).
Accès aux soins et prise en charge du cancer
L’accès aux soins est garanti par plusieurs dispositifs qui assurent une prise en charge intéressante pour les patients atteints de cancer :
- La prise en charge à 100% des traitements liés au cancer dans le cadre de l’Affection de Longue Durée (ALD).
- Le développement des centres de lutte contre le cancer (CLCC) et la mise en place de parcours de soins personnalisés pour un accompagnement optimal.
- Un parcours de soins global peut être proposé après le traitement d’un cancer, incluant un suivi médical, un accompagnement psychologique et diététique et un programme de réadaptation physique. Ce parcours est financé par l’Assurance Maladie.
- Un entretien pharmaceutique peut être proposé dans certaines pharmacies. Ces entretiens permettent aux patients de mieux comprendre et appréhender leur traitement, de bénéficier de conseils sur la gestion des effets secondaires et d'être vigilants sur les interactions médicamenteuses. Ce dispositif est pris en charge par l’Assurance Maladie.
- Le financement de thérapies innovantes et l’accès aux essais cliniques comme le réseau ONCOLOGIE du CHU ou l'Institut National du Cancer (INCa) pour les patients en recherche d’alternatives thérapeutiques.
Conseils et suivi : comment la pharmacie aide au quotidien
Au-delà de la gestion des traitements, la pharmacie est un point de repère pour accompagner les patients avant, pendant et après la maladie. Des conseils sur l'alimentation, le bien-être ou la gestion des effets indésirables peuvent être apportés pour améliorer leur qualité de vie. Certaines pharmacies vont encore plus loin en proposant des prothèses mammaires, des accessoires adaptés, du matériel médical disponible à la vente ou à la location ou encore des ateliers de soins de support pour aider à mieux vivre avec la maladie.
Les pharmaciens restent ainsi des acteurs de proximité essentiels, prêts à guider chaque patient à chaque étape de son parcours de soins.
Dr Xavier MOSNIER-THOUMAS